On va essayer de rattraper un peu le temps qui file. On vous passe les mois de septembre et octobre. Alberto au Chili et moi en Allemagne, on a fait pour que ces deux mois passent tres vite, chacun plongé dans ses occupations. Et puis, vint le temps des retrouvailles et à la mi-novembre nous sommes allés une semaine aux Canaries.
Je devais aller travailler trois jours avec Iciar, la meilleure boulangère des Canaries. On ne travaillait malheureusement pas "la pâte mère" (la masa madre en espagnol et levain en francais) mais plutôt les algorithmes de reconstruction d'optique adaptative. Mais bon. C'était un séjour fabuleux.

Nous avons été accueillis comme des rois par Iciar & Dani. Notre visite a commencé par une promenade nocturne dans les rues de La Laguna. C'est un joli concentré d'architecture coloniale, mais ...il faisait nuit. Alors vous n'aurez droit qu'à un lampadaire.

Le lendemain nous avons pu visiter l'Observatoire du Teide, qui se situe sur la dorsale de Tenerife. Pour nous, c'était une journée très intéressante, mais pour les astronomes, vous pouvez voir sur la photo que ce n'était pas idéal. Les nuages ont rapidement recouvert la coupole du télescope solaire, et ils ont dû arrêter les observations. Au fond à droite, étêté, c'est "El Teide", le fameux volcan. Le sommet le plus haut d'Espagne. Oui, oui. 3720m à quelques pouillèmes près. Autant vous dire qu'on l'avait bien noté, et qu'on espérait bien que les petits nuages qui le chatouillent nous laissent le champ libre en fin de semaine.

Ceci dit, les deux journées de travail suivantes sont passées très vite. Iciar et moi refondions le fameux article, pendant que Dani et Alberto visitaient les navets (las naves) de Tenerife et les meilleurs végétariens pakistanais de Santa Cruz.
Jeudi matin, nous étions fin prêts. En retard, bien sûr, mais prêts à partir pour le Teide. Nous sommes montés en voiture jusqu'à El Portillo, et de là, nous avons commencé à marcher à travers la plaine aride pour se rapprocher du volcan. Ce bout de trajet, franchement désertique, s'appelle "Las Cañadas". On le voit sur la gauche de la photo.

La bosse de sable s'appelle la montagne blanche, du fait de la grande imagination des Canariens comme dit Marcos. Pour monter au refuge, il faut emprunter la grande coulée de lave qui descend jusqu'à la montagne blanche. Le refuge se trouve environ 300 mètres en dessous de la cabine du téléphérique qu'on repère facilement. A dire vrai, je n'ai pas trouvé cette ascension particulièrement intéressante, mais peut-être que nous l'avons faite un peu vite. Nous sommes partis de Portillo à 13h, et nous sommes arrivés au refuge quand nous étions déjà dans l'ombre un peu avant 17h. Il commencait à faire froid à 3000m. Moi, j'avais déjà enfilé les gants.

Nous sommes arrivés juste à temps au refuge pour pouvoir regarder l'ombre du volcan se coucher sur les nuages. Il y avait une quinzaine de personnes au refuge, a peu près équitablement répartis entre francais, hispanophones et germanophones. Nous sommes tous là pour la même chose: nous lever à 5h du matin et monter au sommet du volcan avant que le soleil ne pointe son nez. Chose dite, chose faite. Et nous arrivons tous au sommet avant les premières lueurs, tous plus ou moins frigorifiés, impatients de se faire réchauffer par les premiers rayons.

A cette époque de l'année, l'ombre du volcan s'allonge au-dessus de l'île de La Palma. Nous restons plus d'une heure à contempler le raccourcissement du cône sur la mer, et puis, nous quittons le sommet les derniers.

Il ne nous restait plus qu'à redescendre et nous n'imaginions pas encore que finalement tout l'intérêt de la randonnée serait dans cette descente. Le crépuscule et l'aurore depuis le haut du volcan, c'est sympa. Mais découvrir les uns après les autres le vieux cratère de Pico Viejo, et tous les autres cratères secondaires, tertiaires, et autres petites narines du Teide, c'est vraiment cela qui vaut le détour.


Cet itinéraire de descente se trouve de l'autre côté du Teide, vers le vieux cratère. Le cratère au sommet du Teide n'a pas grand intérêt, il a été dénaturé par une exploitation de salpêtre. En revanche, le cratère de Pico Viejo est magnifique. Les couleurs de la terre et de la végétation sur ce flanc du volcan sont magnifiques. Nous avons dévalé les pentes de cendre en courant et nous avons rejoint la route épuisés mais heureux.

Comme nous maîtrisons parfaitement l'allemand, c'est un couple de Munichois qui nous a pris en stop pour nous reconduire à El Portillo. Nous sommes rentrés juste à temps pour accompagner Iciar et Dani au potager avant la tombée de la nuit. Et hop, quelques fraises et quelques radis cueillis à la lampe frontale pour le dessert de ce soir.
Après cette virée en altitude, nous avions convenu de passer le week-end en bord de mer. Iciar et Dani nous ont guidé à travers les bananeraies, les orangeries, et les mangueraies (?). Dimanche, nous avons fait une balade magnifique à travers un décor complètement différent de celui du volcan. À cheval sur les crêtes vertigineuses, nous admirions la mer au Nord et au Sud du bras de Tenerife. Une houle impressionnante avait fait fuir les surfeurs, pour nous laisser un joli tableau de mélange d'ondulés turquoises.

Perchés comme des cabris sur notre promontoire, nous étions fiers et heureux d'avoir découvert autant de merveilles sur une si petite terre.

Merci Iciar et Dani de nous avoir supportés pendant cette (trop courte) semaine à Tenerife. Le "loco de la nevera" dit bien moins de bêtises depuis qu'il est de retour en Germanie.
1 commentaire:
Clem, Alberto, nos lo pasamos muy bien con vosotros, ¡gracias por venir a vernos!
Alberto no dijo muchas betises, sus frases siguen en la nevera y todavía nos reímos leyéndolas (no vamos a quitarlas de ahí) y tenemos pendiente ir a veros a Munich.
El Pico Viejo no lo subimos aún :( porque el fin de semana estábamos muuuy cansados. Fue una semana muy intensa: han hecho jefe a Daniel y van a despedir al Sapo!!!!! Tenemos muchas cosas que contaros. A ver si lo subimos este fin de semana y os llamamos para contaros qué tal fue.
Besos!
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